Microsoft & données

Une IA ne peut pas lire ce qu'elle n'atteint pas

Beaucoup d'entreprises essaient Copilot, obtiennent des réponses décevantes et en concluent que l'intelligence artificielle n'est pas encore mûre. Dans la plupart des cas, il n'a simplement pas accès.

D'où l'on part

Le serveur local de fichiers n'était pas une erreur

Il a fait exactement ce qu'on lui demandait. Ce qui a changé n'est pas sa qualité : c'est ce qu'on attend aujourd'hui des documents qu'il contient.

Pendant vingt ans, la bonne pratique consistait à centraliser les documents sur un serveur interne, avec des droits tenus dans l'annuaire de l'entreprise. C'était robuste, maîtrisé, rapide, et personne n'avait de raison sérieuse d'en changer. Beaucoup de PME fonctionnent encore ainsi, souvent très bien.

Un serveur de fichiers rend un document accessible à une personne qui sait où il est. Il ne le rend ni facilement trouvable, ni exploitable par un outil, ni commode à ouvrir depuis un téléphone, ni lisible par une intelligence artificielle. Ces usages-là n'existaient pas le jour où l'architecture a été choisie.

Ce n'est pas une architecture dépassée. C'est une architecture à qui l'on demande aujourd'hui ce qu'on ne lui demandait pas hier.

Ce qui a changé

Trois conséquences, très concrètes

Elles se jouent sur trois terrains distincts : l'outil lui-même, les autres moteurs, et l'arborescence.

Copilot

Il ne regarde pas là où vous rangez

Copilot travaille sur SharePoint, OneDrive, Teams et la messagerie. Par défaut, il ne voit pas un document posé sur un lecteur réseau.

Des connecteurs permettent d'indexer une source externe, y compris locale : c'est un projet en soi, avec sa licence, son paramétrage et sa maintenance. Rarement le chemin le plus court quand le même contenu peut simplement vivre dans SharePoint.

Les autres moteurs

La contrainte est la même partout

Claude, Mistral et les agents que nous construisons doivent atteindre une source. Un serveur posé derrière l'annuaire interne ne s'y connecte pas de lui-même : il faut ouvrir un chemin, le tenir et l'entretenir.

Ce chemin existe et nous savons le construire. La vraie question est de savoir s'il vaut la peine d'être construit pour des contenus qui gagneraient de toute façon à être ailleurs.

La structure

L'accès ne suffit pas

Une intelligence artificielle exploite mal une arborescence où le même contrat existe en cinq versions, où le nom du fichier porte l'information — Devis_client_v3_final_OK_bis.xlsx — et où rien n'indique lequel fait foi.

Ce n'est pas un défaut de rangement. C'est ce que produit naturellement un système qui n'a jamais eu besoin d'être lisible par autre chose qu'un humain.

Voici, reconstitué, un dossier commercial tel que nous le retrouvons presque partout — puis ce que le même fonds devient une fois gouverné.

Explorateur de fichiers

\\SERVEUR\Commun\Commercial

  • Clients
    • DURAND SA
      • Contrat_cadre_2021.pdf
      • Contrat_cadre_2021_v2.pdf
      • Contrat_cadre_2021_v2_relu.pdf
      • Contrat_cadre_2021_VF.pdf
      • Contrat_cadre_2021_VF_OK.pdfNote 1
      • Avenant2 - NE PAS DIFFUSER.docxNote 2
    • MARTEL & Cie
      • Contrat 2019.pdf
      • Contrat 2024 (remplace 2019).pdf
  • TarifsNote 3
    • Conditions_DURAND_negociees_2024.xlsx
  1. Cinq versions du même contrat. Rien n'indique laquelle fait foi.
  2. La consigne tient dans le nom du fichier. Aucun système ne la lit.
  3. Ouvert à tout le monde, par héritage. Personne ne l'a décidé.

Contrats clients

Bibliothèque SharePoint

Document Client Statut Accès Conservation
Contrat-cadre 2021 DURAND SA En vigueur Commercial 10 ans
Avenant n° 2 DURAND SA En vigueur Direction 10 ans
Contrat-cadre 2019 MARTEL & Cie Remplacé Commercial 10 ans
Contrat-cadre 2024 MARTEL & Cie En vigueur Commercial 10 ans
Conditions tarifaires DURAND SA En vigueur Direction 5 ans

Et la recherche redevient une question : « les contrats en vigueur de DURAND SA ».

Rien n'a été inventé au passage. Ce que le nom du fichier portait — la version, le client, l'état, la consigne de diffusion — est devenu une propriété du document, que la recherche interroge et qu'une intelligence artificielle peut lire. Les quatre brouillons, eux, ne sont pas repris : c'est une décision prise au cadrage, pas une perte.

Le point d'attention

Recopier n'est pas migrer

C'est le scénario que nous rencontrons le plus souvent, et celui qui pose le plus de problèmes.

Sur un serveur de fichiers, beaucoup de dossiers sont techniquement ouverts à tout le monde. Cela ne se voyait pas : personne n'allait explorer les répertoires des autres, et la recherche ne servait à rien.

Placez ces mêmes dossiers dans SharePoint, avec un moteur de recherche qui fonctionne et une intelligence artificielle capable de lire, de résumer et de citer : ce qui était théoriquement accessible devient réellement trouvé. Des documents que personne n'avait jamais ouverts remontent dans les réponses.

Le sujet n'a rien d'hypothétique. Il concerne les salaires, les dossiers du personnel, les projets de cession, les conditions commerciales négociées client par client. Autrement dit, exactement ce qui ne doit pas circuler.

La migration et la gouvernance ne sont pas deux projets successifs. C'est le même projet.

  1. Aujourd'hui

    Le serveur de fichiers

    • Des dossiers ouverts à tous, par héritage
    • Une recherche dont personne ne se sert
    • Personne ne va voir les répertoires des autres

    Ce qui est accessible n'est pas trouvé.

  2. Si l'on recopie

    SharePoint, tel quel

    • Les mêmes droits, transportés
    • Un moteur de recherche qui fonctionne
    • Une IA qui lit, résume et cite ses sources

    Ce qui est accessible devient trouvé.

  3. Si l'on gouverne

    SharePoint, gouverné

    • Des droits repris, et non hérités
    • Le sensible identifié et isolé
    • Un cycle de vie décidé, document par nature

    Ce qui est accessible a été décidé.

L'état du milieu n'est pas une étape : c'est le résultat d'une migration qui n'a traité que le transport. Il est plus exposé que le premier, puisqu'il en garde les droits et lui ajoute un moteur de recherche.

Comment nous procédons

Six temps, et l'intelligence artificielle en dernier

L'ordre est le sujet. Ouvrir l'IA sur des contenus dont personne n'a revu les droits, c'est la seule façon de rater les deux à la fois.

  1. État des lieux

    Ce qui existe, quel volume, quelle ancienneté, qui accède à quoi aujourd'hui. Nous en tirons une cartographie lisible par un dirigeant, pas un rapport technique — et la liste des endroits où l'exposition réelle ne correspond pas à l'intention.

  2. Arborescence cible

    Une structure pensée pour l'usage réel : par entité et par processus, plutôt que par service ou par habitude. C'est le moment où l'on décide ce qui est un document de travail, un document de référence et une archive — trois statuts, trois régimes.

  3. Droits et cycle de vie

    Qui accède à quoi, selon quelle règle, et pour combien de temps. Les données sensibles sont identifiées et isolées avant toute ouverture à l'IA. Les archives sont archivées, pas recopiées. Une précision que nous donnons au cadrage plutôt qu'au milieu du projet : certaines fonctions avancées — archivage des sites inactifs, détection du surpartage — dépendent du niveau de licence.

  4. Migration

    Par lots, avec une phase de coexistence pendant laquelle les équipes continuent de travailler. Les outils Microsoft permettent une première passe, puis des passes incrémentielles qui ne reprennent que les fichiers nouveaux ou modifiés : la bascule finale est courte et se fait périmètre par périmètre. Une migration se ressent toujours — l'enjeu est qu'elle ne bloque personne.

  5. Adoption

    Une migration réussie techniquement et refusée par les utilisateurs est un échec. Nous formons, et nous restons joignables pendant les semaines qui suivent — quand remontent les questions que personne ne pose en salle.

  6. Alors seulement, l'intelligence artificielle

    Copilot, agents, recherche documentaire. À ce stade, cela fonctionne, parce que les conditions sont réunies. C'est aussi le moment de regarder ce que Copilot fait et ne fait pas : il applique les droits, il ne les corrige pas — voir préparer vos informations pour Microsoft Copilot.

Même sans intelligence artificielle

Ce chantier se justifie sans Copilot

C'est un point qui compte : presque tout ce qui suit était déjà souhaitable avant que l'IA n'entre dans la conversation.

Ce que vous gagnezCe qui change
Mobilité Vos équipes travaillent depuis n'importe où, sans passer par un accès distant qui freine.
Versions Une seule version d'un document, avec son historique — et la fin des _final_v2.
Recours après incident Versions, corbeilles et restauration d'une bibliothèque à un état antérieur offrent des recours natifs qu'un partage réseau n'a pas — sans dispenser d'une politique de sauvegarde, que nous cadrons avec vous.
Continuité Le départ d'un collaborateur ne fait plus disparaître un dossier resté sur son poste.
Collaboration Plusieurs personnes sur le même fichier, sans pièce jointe qui circule par courriel.
Conformité Une politique de conservation explicite, applicable, et dont on peut faire la démonstration.

Chacune de ces lignes se démontre, et c'est le travail de la page voisine : voir ce que SharePoint apporte concrètement, argument par argument et avec la réserve qui va avec chacun.

Est-ce que cela vous concerne ?

Six situations que nous rencontrons souvent

Un seul de ces points suffit pour que le sujet vaille une demi-journée d'examen.

  • Vos documents importants vivent sur un lecteur réseau, souvent appelé S: ou Données.
  • Personne ne saurait dire précisément qui a accès à quoi.
  • Les fichiers circulent en pièce jointe, parce que c'est plus simple.
  • Travailler depuis l'extérieur suppose un accès distant, et cela freine.
  • Vous avez essayé Copilot, et les réponses vous ont paru génériques.
  • Vous envisagez un projet d'intelligence artificielle et vous ne savez pas par où il devrait commencer.

Un projet d'IA ne commence pas par le choix d'un outil. Il commence par l'organisation des informations auxquelles cet outil devra accéder.

C'est pour cela que nous proposons un examen court et borné plutôt qu'un projet. À la fin, vous savez ce que vous avez, où sont les expositions, et ce que coûterait de les traiter. Ce que vous en faites ensuite vous appartient.

Faire auditer

Un audit documentaire, sans engagement de suite

Nous regardons ce que vous avez, nous identifions les expositions, et nous vous remettons un plan de migration priorisé et chiffré. Vous décidez ensuite — avec nous ou sans nous.

Nous nous déplaçons dans toute l'Île-de-France, et particulièrement autour de Massy, de Courtabœuf et du pôle d'Orly.